Enfance

Ne pas avoir de passé : voilà ce qui rend les enfants heureux.

Méfiance

J’éprouve la même méfiance pour ceux qui disent “c’était mieux hier” que pour ceux qui disent “ce sera mieux demain” …

« Ils »

Ils nous ont imposé leur dieu unique, leur pulsion de mort et leur morale faite de péché et de haine de soi.

Ils nous ont dit que nous ne parlions qu’un patois ridicule et ils nous imposé leur langue.

Ils nous ont fait faire des révolutions qui n’ont rien changé, surtout pas la nature humaine.

Ils nous ont fait tuer à Verdun en nous disant que c’était pour la patrie, pas pour les marchands et les banquiers, les égos surdimensionnés de leurs dirigeants corrompus. Ensuite, ils nous ont fait tuer dans les déserts d’Afrique ou les rizières d’Indochine, toujours pour les mêmes raisons.

Ils nous ont fait quitter nos vertes campagnes pour de grandes décharges d’ordures, ce qu’ils appellent « des villes ». Ils nous ont forcé à y vivre dans des petites boites bruyantes et puantes et l’on doit s’y déplacer dans des wagons à bestiaux souterrains.

Ils nous font travailler comme des esclaves, en attendant qu’un miséreux du Tiers-Monde puisse nous remplacer mais dès qu’ils le peuvent, ils remplacent le miséreux par une machine.

Ils nous imposent la marchandisation intégrale et l’abrutissement généralisé, la soumission intégrale au progrès, à la télévision, à l’argent. Ils font passer cette pilule en nous gavant comme des porcs, en nous abreuvant de médiocrité et de pornographie.

Ils nous entretiennent dans une peur artificielle et permanente. On a peur des gens dans la rue, on a peur de ce qu’on mange, de ce qu’on lit. On a peur pour nos enfants, pour nos économies. On ne peut pas faire un achat sans se demander : « comment est-ce qu’ils sont en train d’essayer de me baiser ? »

Bref, si quelqu’un sait à la fin qui est ce « ils », dites-le moi. Je lui défonce la gueule !

Il n’y a plus de société

Il n’est pas possible d’avoir un projet de société tout simplement parce qu’il n’y a plus de société !

Il n’y a plus de classes sociales, que des classes marchandes. Seul l’épaisseur du compte en banque différencie maintenant le riche du pauvre. Leurs inspirations sont les mêmes : consommation de gadgets, nourriture et sexe. Il faut de moins en moins d’argent pour se former l’esprit, les livres ne coûtent presque plus rien, les bibliothèques publiques sont gratuites, internet fourmille de vidéos et de podcasts sur mille sujets. Les pauvres peuvent maintenant avoir accès au même niveau intellectuel que les riches.

Et pourtant, on voit l’inverse se produire : le riche bourgeois qui hier posait dans sa bibliothèque et envoyait son fils « faire ses humanités » se ne se distingue maintenant du pauvre que par la nouveauté de son iPhone ou la destination de son lieu de vacances. Quant à son fils, il fera la fierté paternelle non pas en sachant réciter la bible en latin tel un Julien Sorel, mais en sachant « gérer une entreprise », une tâche qui nécessite d’être plus proche intellectuellement du père Sorel que de son fils.

La seule aspiration qu’ont les pauvres, semble-t-il, c’est de s’enrichir matériellement. Comment ? Eh bien comme le font les riches depuis toujours, à savoir : « tous les coups sont permis, ne vous faites pas gauler, surtout. »

Le mot « élites » est devenu synonyme de « riches ». Plus d’élites intellectuelles, scientifiques, artistiques. Écrivains, chercheurs, peintres, cinéastes, compositeurs… toute personne dont l’ambition n’est pas l’enrichissement matériel rapide est suspect. Écris-tu un livre ? On ne te souhaitera pas d’être beaucoup lu, mais d’en vendre beaucoup d’exemplaires, ce n’est pas la même chose.

Ce constat est fait cent fois par jour depuis des années par des intellectuels aussi divers que Jean-Claude Michéa, Alain de Benoist, Marcel Gauchet, Jacques Julliard, Alain Finkielkraut, Natacha Polony, Michel Onfray etc.

Peut-être internet permettra-t-il au prochain grand dictateur totalitaire d’arriver à accomplir ce que ni les papes, ni Hitler, ni Staline ne sont parvenus à faire. Mais en attendant, on sait qu’on ne peut pas changer l’homme. Et comme il n’y a plus de société, que des individus, on ne peut pas changer la société. Alors, que faire ?

C’est ce à quoi je réfléchis en ce moment…

Toujours…

Je me réjouis du fait que jusqu’à ma mort, je trouverai toujours de bons livres à lire, d’auteurs à découvrir, de pensées à explorer.

Que faut-il de plus à mon eudemôn ?

Athéisme ?

Au début du XXIème siècle, la question de dieu n’est toujours pas résolue, même si les esprits supérieurs sont d’accord avec Nietzsche : « Dieu est mort ».

Les athées dont j’ai lu ou écouté l’argumentation sont : Michel Onfray, Richard Dawkins et Bill Maher — ce dernier étant dans une autre registre, plus divertissant.

Voici ce qu’ils disent et démontrent, en substance : il n’y a pas de dieu dans le sens idéaliste, platonicien du terme. Donc pas de personnage supra naturel, doté de pouvoirs infinis et indépendant de la nature. Dieu est une invention humaine. Les religions constituent des arnaques plus ou moins élaborées, plus ou moins sincères. Leur logique, poussée à l’extrême, aboutit à l’absence de pensée.

Rien à redire à cela. La science et l’histoire — la reine des sciences — confirment.

Mais que faire alors du sentiment religieux ? On peut l’évacuer en disant que c’est une chimère, que cela n’existe pas. Mais il existe. Il est un sentiment, comme l’amour, la haine, la jalousie, l’envie, l’amitié…

Il est des hommes qui ne sont pas jaloux. D’autres ne tombent jamais amoureux. D’autres encore ne ressentent jamais ni haine ni envie, etc.

Il semble que les athées ne ressentent pas le sacré. Pour cette raison, il n’éprouvent pas le besoin de se créer des arrière-mondes ou bien d’adhérer aux arrière-mondes créés par d’autres, s’ils manquent d’imagination. Et donc pour eux, tout de fatras n’existe pas et il est inutile voire nuisible.

Et pourtant si dieu n’existe pas, le sentiment religieux existe et il donne lieu à un besoin à satisfaire. De même que l’on peut répondre au besoin sexuel de plusieurs façons : onanisme, amour charnel, pornographie, on peut répondre au besoin religieux par une pratique individuelle (invention d’un dieu et d’une mythologie personnelle, les dieux lares des romains étaient-ils autre chose ?), par la pratique sincère d’une religion, révélée ou non, ou alors par une débauche commerciale dont les télévangélistes sont la pire espèce.

Qui veut l’ange fait la bête. Si la condamnation de la pratique sexuelle par l’Église conduit à la pédophilie de certains prêtres, le méprix du besoin religieux de l’homme conduit certains paumés au martyre.

Leopardi

Que chacun pense et agisse à sa guise. La mort ne manquera pas d’en faire autant.

Giacomo Leopardi

Connais-toi toi-même

Comment exprime-t-on « connais-toi toi-même » dans les autres langues ?

Voici un petit florilège :

Grec : Γνῶθι σεαυτόν
Latin : NOSCE TE IPSVM
Allemand : erkenne dich selbst
Italien : conosci te stesso
Anglais : know thyself
Esperanto : konu vin mem

 

Evolution

Au début, les hommes ont dit que tout était dieu.
Ensuite, les hommes ont dit que tout n’était pas dieu, mais qu’il y avait des dieux.
Ensuite, les hommes ont dit qu’il n’y avait pas des dieux mais un dieu.
Ensuite, les hommes ont dit qu’il n’y avait pas de dieu, et que c’était dommage.
Ensuite, les hommes ont dit qu’il n’y a pas de dieu, et que c’est tant mieux.
Aujourd’hui, les hommes disent : « nous sommes dieu ».
Demain, ils diront : « c’est quoi, dieu ? »

Anatole France

Il semble qu’Anatole France ait suscité une petite polémique stérile dont les médias ont le secret lors du baccalauréat 2016. D’après ce que je comprends, un sujet sur lui est tombé alors qu’il n’était pas au programme ou quelque chose comme ça. Bref, comme cet écrivain a été mentionné sur les ondes et que je ne le connaissais que de nom, je me suis décidé à lire un de ses ouvrages pour voir de quoi il retournait.

Le livre sur lequel je suis tombé, au hasard de mes explorations sur différents sites offrants des livres du domaine public, s’intitule Les dieux ont soif. Il se passe pendant la révolution française, plus précisément sous la terreur de 1793 et narre la descente d’un citoyen ordinaire dans l’horreur révolutionnaire lorsqu’il devient juré dans le tribunal de Fouquier-Tinville.

Anatole France est sans conteste un grand écrivain. Il sait raconter et il sait décrire. Les personnages, un brin caricaturaux, sont un peu ternes. Sauf un vieux libertin qui passe ton temps à lire Lucrèce et une fille de ferme demeurée qui a la particularité de posséder des os doubles. L’histoire est assez simple et sans grands rebondissements. Bref si je dois juger France sur ce seul roman, je dirais que même s’il n’est pas un auteur à trame, il sait peindre une époque et un lieu de façon éminément convaincante. Je pense qu’il est juste qu’il soit passé à la postérité.

Lirai-je d’autres livres d’Anatole France ? Je ne sais pas encore. Je pense que cela dépendra du sujet.