Archive pour mars 2001

Lutte contre le piratage

Samedi 31 mars 2001

Dans les pays asiatiques, le piratage de CD est une véritable industrie souterraine. Que ce soit les logiciels sur CD-Rom ou la musique sur CD audio, les graveurs n’y sont jamais au chômage. C’est dans ce contexte que le gouvernement malaisien a pris une mesure pour le moins originale pour lutter contre le piratage : des accords ont été passés avec des maisons de disques pour diviser par deux le prix des galettes. Un CD audio coûte environ 80 F en Malaisie. Après la mesure, il coûtera environ 40 F. Les éditeurs de disques espèrent que les quantités achetées compenseront la baisse du prix et le Gouvernement est ravi de voir plus d’argent entrer dans les caisses de l’État (les copies pirates, vendues sous le manteau, ne rapportent pas un centime de TVA).
Quand on pense à ce qui se fait en France ou en Allemagne pour lutter contre le piratage, à savoir la taxe sur les CD vierges si décriée dans les milieux de l’informatique libre, on se dit que certains grands pays d’Europe ont encore beaucoup à apprendre de certains petits pays d’Asie.
Source : ZDNews, édition du 31 mars 2001

Le barbisme

Lundi 5 mars 2001

Un homme a porté plainte contre la chaîne de supermarchés britannique Waitrose. Cet homme avait posé sa candidature pour servir dans une cafetaria. Il avait fait bonne impression à un petit détail près : il porte la barbe. Or, selon l’employeur, les clients n’aiment pas se faire servir par des barbus car ils trouvent cela anti-hygiénique. Notre homme s’est donc vu offrir le poste à la condition qu’il se rase la barbe.
Il y avait déjà le racisme et le sexisme. Voici maintenant le « barbisme Â» (beardism en anglais). Barbisme n’est pas un néologisme de journaliste mais bien une expression officielle que l’on trouve dans une circulaire du Ministère de l’intérieur britannique qui recommande d’éviter tout barbisme dans les entretiens d’embauche de fonctionnaires. Cependant, comme le barbisme n’existe pas (encore) dans la loi anglaise, notre serveur barbu a porté plainte pour discrimination sexuelle. Il s’est néanmoins vu débouter de sa plainte. Le tribunal a reconnu qu’il y avait bien discrimination, mais que cette discrimination n’était pas contraire à la loi puisque les poils de barbe peuvent effectivement contenir des bactéries dangeureuses.
Le plus rigolo a été la réaction de Waitrose. Son porte-parole a en effet déclaré sans triomphalisme : « nous sommes satisfaits qu’il ait été prouvé que nous ne faisons pas de discrimination sexuelle. Après tout, si une femme à barbe s’était présentée pour le poste, nous l’aurions aussi refusé si elle n’avait pas voulu se raser. Â» Je n’invente rien !
Source : The Times 5 mars 2001